Hormis quelques travaux spécialisés d'universitaires tunisiens, qui ne font pas nombre au demeurant, ou quelques essais d'historiographie, des pans entiers de la construction historique ont été en effet négligés et ignorés[2]. La plupart des Vandales sont déportés vers l'Orient en tant que prisonniers (qui seront établis en Anatolie), tandis que d'autres sont enrôlés de gré ou de force dans l'armée comme soldats auxiliaires, aux côtés des Hérules et des Slaves. Dès lors, le pays est conduit à marche forcée vers la modernisation et l'intégration économique sous l'impulsion d'un parti politique resté dominant jusqu'à la révolution de 2011. Événement inédit jusqu'alors pour le pays, l'attentat cause la mort de 25 personnes, dont 22 touristes, un agent des forces de l'ordre et les deux terroristes, ainsi que 47 blessés[176],[177],[178]. Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d'occuper la côte et entreprennent de conquérir l'intérieur du pays. Après cette déclaration, l'état d'urgence est décrété puis le président quitte le pays par la voie aérienne. Il reçoit le soutien du bloc démocrate et de Tahya Tounes[188]. Thierry Brésillon, « Une Tunisie contre l'autre ». Nous allons tenter d’expliquer pourquoi. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Après l'échec des négociations engagées par le gouvernement Blum, des incidents sanglants éclatent en 1937[116] et les manifestations d'avril 1938 sont sévèrement réprimées[133] : état de siège à Tunis le 9, emprisonnement de Habib Bourguiba en France pour conspiration contre la sûreté de l'État pour cinq ans[25], arrestation de Slimane Ben Slimane, de Salah Ben Youssef et de 3 000 membres du Néo-Destour[135]. Élu le 2 avril 1989 avec 99,27 % des voix[150], le nouveau président réussit à relancer l'économie alors que, sur le plan de la sécurité, le régime s'enorgueillit d'avoir épargné au pays les convulsions islamistes qui ensanglantent l'Algérie voisine, grâce à la neutralisation du parti Ennahdha au prix de l'arrestation de dizaines de milliers de militants et de multiples procès au début des années 1990[132]. À cette époque, le pays vit de profondes réformes, comme l'abolition de l'esclavage le 26 janvier 1846 et l'adoption en 1861 d'une constitution[112],[113] — la première du monde arabe —, et manque même de devenir une république indépendante. ». Voir plus d'idées sur le thème tunisie paysage, tunisie, paysage. « Tunisie : le candidat laïque Béji Caïd Essebsi remporte la présidentielle avec 55,68 % des voix », L'ONU salue l'attribution du Prix Nobel de la paix au Quartet du dialogue national tunisien (Organisation des Nations unies). Contrepoints ne peut exister sans vos dons. Ainsi, la nouvelle religion se heurte d'abord à l'opposition populaire car le christianisme déchire un tissu social très serré, le paganisme imprégnant toute la vie quotidienne, et ses adeptes sont contraints de vivre à l'écart de la vie domestique et de la vie publique. En 945, Abu Yazid, de la grande tribu des Banou Ifren, organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. « Tunisie : le vote de la Constitution, mode d'emploi en 4 points ». Dans un espace ouvert sur l'extérieur comme l'est alors la province d'Afrique — Carthage est notamment reliée aux grandes cités d'Alexandrie et d'Antioche, qui constituent deux grands centres d'évangélisation[48] —, le christianisme se développe de façon précoce[49] grâce aux colons, commerçants et soldats[48], et la région devient l'un des foyers essentiels de la diffusion de la nouvelle foi, même si les affrontements religieux y sont violents avec les païens. De plus, dans le domaine de l'éducation, les Français établissent un système bilingue arabe et français qui donne l'opportunité à l'élite tunisienne de se former dans les deux langues[127]. Après le congrès de Berlin du 13 juin au 13 juillet 1878, l'Allemagne et l'Angleterre permettent à la France d'annexer la Tunisie[77],[112], et cela au détriment de l'Italie, qui voyait ce pays comme son domaine réservé[118]. Car la piraterie en Méditerranée est alors « une institution antique et généralisée » selon Fernand Braudel[107]. La mosquée Zitouna de Tunis, deuxième plus vaste mosquée de Tunisie après celle de Kairouan, est reconstruite en totalité[78]. Ce texte dispose que : « Dans les écoles d'enseignement public en France, il peut être organisé, en coopération avec les autorités tunisiennes, et selon les conditions locales, un enseignement complémentaire de langue étrangère se rapportant à la langue arabe », par des « enseignants sélectionnés par la Tunisie ». En 2017 et 2018, le pays est touché par plusieurs vagues de contestation. En particulier entre les Puniques et les populations locales selon Hédi Dridi. Mosaïque de Daniel dans la fosse aux lions exposée au musée national du Bardo. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfère alors la capitale à Kairouan et s'empare de la Sicile[61] en 948. La part la plus importante de la production concerne l'histoire moderne — débutant avec la prise de Tunis en 1574 — et contemporaine — débutant avec la signature du traité du Bardo en 1881 — et constitue désormais les deux-tiers des travaux universitaires d'histoire soutenus entre 1985 et 1998[6]. Cette pratique était une manière pour les dieux de se prononcer pour l'innocence d'Hermès[10]. Capitale de l'Africa ». Alexis Feertchak, « Manifestations, grèves, violences : comprendre la crise en Tunisie en quatre questions ». Apprentissage de la langue arabe, tome 1 : Il s'agit d'un manuel complet de l'apprentissage de la langue arabe utilisé à l'université islamique de Médine pour les non arabophones et les débutants.Le tome 1 s'adresse aux débutants qui connaissent au moins l'alphabet arabe et la lecture. Par Habib Sayah. Synda Tajine et Monia Ben Hamadi, « Tunisie - Manifestations du 9 avril : Le régime policier marque un retour fracassant ! « Voyage du Président Mendès France en Tunisie », Original de la proclamation d'indépendance (Archives nationales de Tunisie). Marcel Otte, Denis Vialou et Patrick Plumet. À la fin du IIe siècle, la nouvelle religion progresse dans la province car, malgré une situation difficile, la nouvelle foi s'implante plus vite qu'en Europe, notamment en raison du rôle social joué par l'Église d'Afrique, qui apparaît dans la seconde moitié du IIIe siècle, et du fait de la très forte densité urbaine. Après de nouvelles négociations, la France finit par reconnaître « solennellement l'indépendance de la Tunisie »[138] le 20 mars 1956[144], tout en conservant la base militaire de Bizerte. Ce syndicat compte, durant cette période, 100 000 adhérents, et il joue un rôle considérable dans le mouvement national[135] car sa naissance dote le Néo-Destour d'un allié dans la lutte pour la libération et la construction du nouvel État, même si les tentatives visant à le mettre au pas débutent dès les premiers mois de l'indépendance, entravant du même coup le développement d'un contre-pouvoir[132]. Cette intervention est un événement majeur qui inaugure une période de confrontation entre l'Espagne et l'Empire ottoman pour la domination des territoires du Maghreb, hormis le Maroc, et celle du bassin occidental de la Méditerranée[108]. Après de nombreux remous, le texte est finalement adopté le 26 janvier 2014 et Mehdi Jomaa, jusqu'alors ministre de l'Industrie, est chargé de former le nouveau gouvernement, qui est intronisé le 29 janvier. De vastes domaines agricoles, qui vivaient en symbiose avec les agglomérations, retournent à la steppe, ce qui entraîne un marasme général. Pour le plus grand bonheur des chercheurs, la majorité des ouvrages classiques de l’Islam se trouvent désormais en format électronique, que l’on appellee-book ou « livrel ». Al-Muizz ben Badis subit un premier désastre près de Gabès alors que Kairouan résiste pendant cinq ans avant d'être occupée et pillée. La France incarne, aujourd’hui encore, une certaine idée de la modernité dans un pays où les élites sont férues de cet idéal, depuis plusieurs générations. L'arabisation se fera de manière plus lente encore. Avant d’être arabe, la Tunisie a été successivement phénicienne, carthaginoise ou punique, province romaine, chrétienne, siège de l’Église d’Afrique. J.-C.[42], et provoque la chute et le décès de son promoteur, Caius Sempronius Gracchus. L'histoire de la Tunisie est celle d'une nation d'Afrique du Nord indépendante depuis 1956. Mais la situation favorise la montée de l'islamisme[140] et le long règne de Bourguiba s'achève dans une lutte contre l'islamisme menée par Zine el-Abidine Ben Ali, nommé ministre de l'Intérieur puis Premier ministre en octobre 1987[147]. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan, dotée d'une maison de la sagesse ouverte aux savants, et de sa Grande Mosquée, un centre intellectuel de haute renommée[80]. La fin des guerres puniques marque l'établissement de la province romaine d'Afrique dont Utique devient la première capitale, même si le site de Carthage s'impose à nouveau par ses avantages et redevient capitale en 14[35],[41]. Or, les Vandales exigent de la population une totale allégeance à leur pouvoir et à leur foi[55]. Malgré cela, l'État fatimide s'impose progressivement sur toute l'Afrique du Nord en contrôlant les routes caravanières et le commerce avec l'Afrique subsaharienne. Dans un autre domaine, l'art des tapis, qui existait pour certains avant l'arrivée des Ottomans, voit les productions de Kairouan présenter au XVIIIe siècle des motifs purement anatoliens[107]. Au début du XVIe siècle, l'Afrique du Nord que les Ottomans appellent Maghreb est en pleine décadence et traverse une crise politique profonde[102]. Les relations entre Rome et la thalassocratie punique sont d'abord cordiales, comme en témoigne le premier traité signé en 509 av. L'étude de la période médiévale, débutant avec l'arrivée de l'islam, est également abordée de manière significative alors que l'étude de l'histoire antique possède son statut propre qui la distingue de celle des autres époques[6] : elle connaît un nombre de travaux plus limité en raison de l'absence de formation adaptée pour les jeunes chercheurs, notamment sur l'accès aux sources, l'archéologie et les langues antiques étant relativement peu enseignées. La Tunisie ottomane est devenue, comme Istanbul, et d’autres cités ottomanes, une terre d’accueil cosmopolite. Les Tunisiens, par on ne sait quel enchantement, semblent vouloir revenir sur leur passé arabe et se définir comme Arabes. Et, sous ses ordres, un bey[108] chargé du contrôle du territoire et de la collecte des impôts. Toutefois, des efforts ont conduit à la création d'une maîtrise de lettres classiques en 1997[7]. Vue sur les ruines de la cité punique de Kerkouane (Cap Bon). Elle établit la capitale du pays à Tunis[77], et la ville se développe grâce au commerce avec les Vénitiens, les Génois, les Aragonais et les Siciliens[61]. Pourtant, malgré leurs victoires, les Ottomans ne s'implantent guère en Tunisie et la conquête de l'intérieur des terres ne s'achève que sous les règnes d'Ali II Bey (1759-1782) et d'Hammouda Pacha (1782-1814)[107]. Elyes Fakhfakh, membre du parti Ettakatol, est alors désigné par le président pour tenter de constituer un gouvernement, comme le prévoit l'article 89 de la Constitution[186],[187]. Or, il semble extrêmement réducteur de réduire la culture tunisienne à l’arabité. Basilique de Damous El Karita à Carthage. D'un point de vue militaire, les Aghlabides érigent des fortifications, en particulier les murailles de Sfax, et les ribats de Sousse et de Monastir[78]. Veillant à une politique fiscale rigoureuse et déterminé à imposer le chiisme, il se heurte à une forte opposition illustrée par un complot déjoué dès 911[87]. À partir de novembre 1925, le Destour, affaibli, devient clandestin et renonce à l'action politique directe[130]. Les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis du calife fatimide[61], ce qui culmine avec la rupture, vers le milieu du XIe siècle, avec ce suzerain devenu lointain[88]. Avec l'arrivée du nouveau résident général, Jean de Hauteclocque, le 13 janvier 1952, et l'arrestation, le 18 janvier, de 150 destouriens dont Bourguiba revenu d'Égypte le 2 janvier, débutent la révolte armée[116] — avec grèves, manifestations de rue et diverses formes de mobilisation populaire[134] —, la répression militaire française[125] et un durcissement des positions de chaque camp[138]. Seule une influence de plus s’est ajoutée à cette mosaïque : la culture française, par l’instauration du protectorat. Le premier comptoir selon la tradition est celui d'Utique[32], qui date de 1101 av. Bien accueillie par une large partie de la population et par l'opposition, cette initiative se heurte à l'hostilité farouche de son propre parti et de son allié, le CPR[168]. Si les pays voisins du Maghreb peuvent de manière réaliste se déclarer Arabo-Berbères, les Tunisiens ne le peuvent pas du fait des spécificités de leur histoire, des multiples conquêtes, et des mille origines de ce peuple et de cette culture. À côté des vestiges des bâtiments publics resurgissent aujourd'hui de riches habitations privées, villas au sol couvert de mosaïques que la terre du pays ne cesse de restituer aux archéologues. L'arabe est la langue sémitique contemporaine la plus parlée de la famille des langues sémitiques, qui comprend également des langues comme l'hébreu et l'araméen. Or, il semble extrêmement réducteur de réduire la culture tunisienne à l’arabité. À sa mort, en 1346, le royaume sombre dans l'anarchie[102]. La Tunisie est alors le creuset de l'art de la mosaïque, qui s'y distingue par son originalité et ses innovations[43]. La Tunisie se dirige à peine vers une réelle indépendance en 1873, avec Kheireddine Pacha[112], qu'elle retombe sous le joug d'une puissance étrangère. Avec l'invasion hilalienne, les dialectes berbères sont plus ou moins influencés par l'arabisation, à commencer par ceux de l'Ifriqiya orientale[87]. 7 Tarikh Tunis (Histoire de la Tunisie) de Hasan Husni Abdelwahab, réédité à plusieurs reprises depuis 1918 a servi de manuel d’histoire tunisienne en arabe. Après la mort d'Arudj, son frère Khayr ad-Din se déclare vassal du sultan d'Istanbul. La France représente dès lors la Tunisie sur la scène internationale, et ne tarde pas à abuser de ses droits et prérogatives de protecteur pour exploiter le pays comme une colonie, en contraignant le bey à abandonner la quasi-totalité de ses pouvoirs au résident général[126]. Certes, l’influence arabe a été grande dans la construction de la culture tunisienne. Toutefois, les troupeaux des Hilaliens, constitués de chèvres, de moutons et d'ânes, sont mieux adaptés à la végétation, et la multiplication des dromadaires permet aux pasteurs de migrer plus vers le sud[87]. Fethi Bejaoui, « La Carthage de saint Augustin ». Al-Aghlab établit la dynastie des Aghlabides, qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. Dès lors, l'Angleterre et la France prennent le relais de l'Espagne en Méditerranée occidentale : la première bombarde les bases barbaresques en 1622, 1635 et 1672, la seconde en 1661, 1665, 1682 et 1683[107]. En 1319, sous le règne d'Abu Yahya Abu Bakr al-Mutawakkil (1318-1346), les Hafsides élargissent leur territoire vers l'ouest jusqu'à Constantine et Bougie, et vers l'est jusqu'à la Tripolitaine[102]. En mars 1963, Ahmed Ben Salah entame une politique « socialiste » d'étatisation pratiquement totale de l'économie, avec la nationalisation des terres agricoles encore aux mains d'étrangers le 12 mai 1964[147]. Pourtant, il renonce à entrer dans Rome. ». L'Ifriqiya est alors partagée entre les Hammadides à Tunis, les derniers Zirides, les Normands de Sicile et les princes hilaliens qui s'imposent à leur tour. La conquête sicilienne de l'Ifriqiya commence sous le règne de Roger II en 1146-1148. Si les XVIe et XVIIe siècles restent encore peu abordés, ce sont les XVIIIe et XIXe siècles qui sont les plus traités en raison de l'abondance des sources de documentation disponibles, sur les thématiques sociales et économiques en particulier[8]. Kaïs Saïed propose durant sa campagne une vision associant un certain conservatisme moral et religieux, un souverainisme, et un mode de fonctionnement démocratique à rebours de l'organisation centralisée bourguibienne[184]. Ces pierres sont associées à des ossements de capridés[13], à des dents de mammifères[12] et à des objets de silex taillé moustériens ainsi qu'à une pointe pédonculée atérienne. Histoire de la médecine Arabe en Tunisie ... by Ahmed Chérif. La majorité parlementaire de Boris Johnson est suffisante pour surmonter l'opposition interne. C’est le fruit de ce mélange qui constitue notre culture actuelle, car la culture proprement tunisienne s’est formée pendant la période ottomane, et a perduré. À travers la mise en place du Beylicat et de sa stabilité, cette Tunisie est restée ottomane et méditerranéenne. Les affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre, le 23 janvier à Moknine, se terminent par une fusillade, et de nombreux faits similaires se produisent à travers le pays[134]. La réforme de la Constitution approuvée par référendum le 26 mai 2002 accroît encore les pouvoirs du président, repousse l'âge limite des candidats, supprime la limite des trois mandats réintroduite en 1988 et permet au président de briguer de nouveaux mandats au-delà de l'échéance de 2004 tout en bénéficiant d'une immunité judiciaire à vie[132]. C'est pourquoi les années 1953 et 1954 sont marquées par la multiplication des attaques contre le système colonial : le mouvement nationaliste encourage la création de véritables unités de combat dans les différentes régions alors que les modestes ressources permettent difficilement de les entretenir. L'entrée de la Tunisie dans l'histoire se fait de façon fracassante, par l'expansion d'une cité issue d'une colonisation proche-orientale[30]. Les domaines et leurs esclaves sont transférés au clergé arien[55]. L'arabe. Les Tunisiens, par on ne sait quel enchantement, semblent vouloir revenir sur leur passé arabe et se définir comme Arabes. Hamza Marzouk, « Elyes Fakhfakh futur chef de gouvernement, est-ce possible ? Entré en conflit avec le régime du protectorat[130], le parti expose, dès la proclamation officielle de sa création le 4 juin 1920[125], un programme en neuf points. Les nouveaux articles par email tous les matins. Les islamistes d'Ennahdha obtiennent une majorité relative (89 sièges sur 217) et concluent une coalition gouvernementale avec le Congrès pour la République (CPR), un parti de gauche nationaliste, et Ettakatol, un parti social-démocrate, sur la base d'une répartition des responsabilités[161] : la présidence de la République va à Moncef Marzouki (CPR), la présidence du gouvernement à Hamadi Jebali (Ennahdha) et la présidence de l'assemblée à Mustapha Ben Jaafar (Ettakatol). Ce dernier ne tarde pas à devenir le personnage essentiel de la régence[77] aux côtés du pacha, qui reste confiné dans le rôle honorifique de représentant du sultan ottoman, au point qu'une dynastie beylicale finit par être fondée par Mourad Bey en 1612. La Tunisie accueille progressivement une série de comptoirs phéniciens comme bien d'autres régions méditerranéennes, du Maroc à Chypre. Quant aux gravures que l'on a trouvées, elles sont souvent abstraites, même si certaines « représentent avec une certaine maladresse des animaux »[23]. ». Malgré le harcèlement de journaux comme Errai ou Al Maarifa, de nouvelles publications telles que Le Phare, Démocratie, L'Avenir, Al Mojtama'a ou 15-21 voient le jour[132]. Protégés par leur insertion dans leur milieu social et connaissant le théâtre des opérations, les maquisards réussissent à organiser une guérilla de harcèlement[134]. Le ratissage du cap Bon par l'armée française, dès le 28 janvier — touchant principalement durant trois jours les localités de Tazarka, El Maâmoura et Béni Khiar — fait trente morts, d'après la commission d'enquête des ministres Mahmoud El Materi et Mohamed Ben Salem qui y incluent les victimes des répressions des manifestations à Nabeul et Hammamet (20 janvier) et Kélibia (25 janvier)[139]. Une première tentative de colonisation par les Gracques avec la constitution d'une Colonia Junonia Carthago avorte en 122 av. À une culture ibéromaurusienne, répartie sur le littoral[15] et relativement minime en Tunisie[16], succède la période du Capsien, nom créé par Jacques de Morgan et issu du latin Capsa, qui a lui-même donné le nom de l'actuelle Gafsa[17]. Yves Lacoste et Camille Lacoste-Dujardin. Toutefois, en raison de la politique ruineuse des beys, de la hausse des impôts[100] et d'interférences étrangères dans l'économie, le pays connaît peu à peu de graves difficultés financières[112]. Cette construction, découverte vers les années 1950 et vieille de près de 40 000 ans, constitue le plus ancien édifice religieux connu de l'humanité[10],[12]. Selon Charles-André Julien, « les Protoméditerranéens capsiens constituent [...] le fond du peuplement actuel du Maghreb »[19] alors que, selon les termes de Gabriel Camps, un groupe d'archéologues avaient négligé des squelettes capsiens, croyant qu'il s'agissait d'intrus récemment inhumés : « Un de ces crânes séjourna même un certain temps dans le greffe du tribunal d'Aïn M'lila, une petite ville d'Algérie orientale, car on avait cru à l'inhumation clandestine de la victime d'un meurtre[20] ! Cette politique se durcit lorsque Hunéric succède à son père[55]. L'envoi depuis l'Égypte de tribus arabes nomades sur l'Ifriqiya marque la réplique des Fatimides à cette trahison[87]. Les Almohades confient la Tunisie à Abû Muhammad `Abd al-Wâhid ben Abî Hafs mais son fils Abû Zakariyâ Yahyâ se sépare d'eux en 1228 et fonde la nouvelle dynastie berbère[41] des Hafsides[99]. J.-C.[38], a pour point culminant la campagne d'Italie : le général Hannibal Barca, issu de la famille des Barcides, parvient à traverser les Pyrénées et les Alpes avec ses éléphants de guerre. Cette affirmation se vérifie lorsqu’on confronte un Tunisien à un étranger : il comprendra sans doute mieux la langue maltaise que celle du Yéménite ou même du Marocain, s’identifiera plus facilement aux mœurs du Grec ou du Sicilien qu’à celles du Libyen ou du Koweïtien, reconnaitra une partie de ses plats nationaux à la table du Turc, de l’Arménien, du Circassien, tous Ottomans, de l’Algérien, maghrébin comme lui, mais ne saurait nommer un plat saoudien. Le clergé africain s'oppose en effet à ce qui représente à ses yeux un double préjudice : la domination des barbares et celle des hérétiques[55]. En 1994, le président Ben Ali est réélu avec 99,91 % des voix[151],[152] et signe l'année suivante un accord de libre-échange avec l'Union européenne[125]. En mai 1940, le régime de Vichy transfère Bourguiba en France. Réprimée dans le sang, elle achève de ruiner le pays et entraine la suspension de la Constitution. L’histoire de la langue arabe est liée à des événements très importants dans l’histoire de l’humanité. Des Tunisiens expriment leur ras le bol face à la cherté de la vie, à l'inflation, et au chômage qui reste au-dessus de 15 %, et dépasse 30 % chez les jeunes diplômés. Impossible de partager les articles de votre blog par e-mail. Le 12 novembre, la Tunisie fait son entrée à l'Organisation des Nations unies[25]. Envoyé en 693 avec une puissante armée arabe, le général ghassanide Hassan Ibn Numan réussit à vaincre l'exarque et à prendre Carthage[73] en 695. » Ces phrases semblent si artificielles dans la bouche d’un Tunisien ! Certains Arabes voient dans la Tunisie une sorte de culture bâtarde, ni arabe, ni occidentale, ou bien un peu des deux. La conquête ottomane a permis à la Tunisie une certaine émancipation. Des Gilets rouges en Tunisie pour quoi faire ? C'est la patrie d'Hannibal. Ils se dotent d'une puissante flotte de combat pour écarter le danger chiite qui vient de la mer, tout en entretenant de bonnes relations avec l'Égypte et le royaume de Tahert[78]. Au XXe siècle, une théorie indique que les Romains ont répandu du sel sur les terres agricoles de Carthage pour empêcher de cultiver la terre, théorie fortement mise en doute, l'Afrique devenant par la suite le « grenier à blé » de Rome[40], le territoire de l'ancienne cité étant néanmoins déclaré sacer, c'est-à-dire maudit. Yves Lacoste et Camille Lacoste-Dujardin [sous la dir. Selon Hubert Houben, étant donné qu'« Afrique » n'a jamais été officiellement ajouté aux titres royaux des rois de Sicile « on ne devrait pas parler d'un ‘Royaume Norman d'Afrique' à proprement parler »[92]. En 1961, dans un contexte d'achèvement prévisible de la guerre, la Tunisie revendique la rétrocession de la base de Bizerte[125] : la crise qui suit fait près d'un millier de morts, essentiellement tunisiens[125], et la France finit, le 15 octobre 1963, par rétrocéder la base à l'État tunisien[147]. Néanmoins, au vu des incertitudes dans les datations des céramiques antiques, rien ne permet d'écarter la datation issue de la tradition littéraire. Des émeutes contre la collectivisation des terres dans le Sahel tunisien le 26 janvier 1969 poussent au limogeage de Ben Salah le 8 septembre avec la fin de l'expérience socialiste[147]. Le plurilinguisme est pourtant une chance selon lui. Les Vandales eux-mêmes, devenus les maîtres de l'ancienne province romaine la plus riche de l'Empire, se laissent aller à la douceur de vivre de la Tunisie. L'archéologie rend compte également de destructions importantes à l'époque du royaume vandale[57], comme le montrent le théâtre et l'odéon de Carthage. Avec l'assassinat du syndicaliste Farhat Hached par l'organisation colonialiste extrémiste[140] de la Main rouge[141], le 5 décembre, se déclenchent manifestations, émeutes, grèves, tentatives de sabotage et jets de bombes artisanales[134]. Cela n'empêche pas, le 12 août 1961, l'assassinat de Salah Ben Youssef, principal opposant de Bourguiba à partir de 1955[147], à Francfort, tandis que le Parti communiste (PCT) est interdit le 8 janvier 1963. 8 Sur la question de l’historiographie tunisienne, nous nous permettons de renvoyer à K. Bendana, 2004. Par la suite, les émirs aghlabides continuent de prêter allégeance au calife abbasside[25], si bien que, sous le règne d'Al-Ma'mūn (813-833), les Aghlabides versent annuellement des redevances de 120 tapis[79]. La colonisation française a permis d’asseoir une domination d’État et une politique d’enseignement qui, au bout de soixante quinze ans de protectorat, ont donné à la culture française un statut de référence incontournable dans la culture tunisienne contemporaine. La mutation vers un empire plus terrestre se heurte aux Grecs de Sicile puis à la puissance montante de Rome[35] et de ses alliés massaliotes, campaniens ou italiotes. « Élections législatives en Tunisie : le parti d'inspiration islamiste Ennahda en tête mais loin de la majorité ». La parure monumentale de la ville jouera un rôle majeur dans la romanisation de la région[44], cette « Rome africaine » se diffusant elle-même dans le riche tissu urbain du territoire de l'actuelle Tunisie. Suite aux invasions arabes du VIIe siècle, les Arabes ont su éliminer de la culture tunisienne les vestiges de son passé païen et chrétien. Cependant, elles tournent mal et les forces de police interviennent en utilisant du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc. « Tunisie : le point sur les mouvements sociaux qui grondent ». Elle est égalemen… Dès le IIe siècle, la province applique aussi les sanctions impériales, les premiers martyrs étant attestés dès le 17 juillet 180[48] : ceux qui refusent de se rallier au culte officiel peuvent être torturés, relégués sur des îles, décapités, livrés aux bêtes féroces, brûlés voire crucifiés. 13 Si ces établissements congréganistes furent des vecteurs d’introduction de la langue française en Tunisie, durant la période pré-coloniale, ils n’eurent pas d’influence directe sur la … Le 22 janvier, le colonel Durand est frappé et poignardé au cours d'une manifestation de protestation organisée par le Néo-Destour à Sousse. Cela conduit à affirmer que les Tunisiens, bien avant d’être Arabes, sont méditerranéens. Les nombreux mariages mixtes contribuent à l'établissement de la civilisation punique[28]. Adam Bessa, jeune acteur franco-tunisien, joue le rôle d’un policier qui rejoint cette unité spéciale, il a déclaré : «C’est historique d’avoir l’opportunité de raconter cette histoire en langue arabe, en dialecte irakien, avec des acteurs arabes. La culture tunisienne a alors été redessinée, non seulement par l’influence turque, mais également à travers les innombrables vagues d’immigration de peuples étrangers vers la Tunisie. Quoique toujours officiellement province de l'Empire ottoman, la Tunisie acquiert une grande autonomie au XIXe siècle[77], notamment avec Ahmed Ier Bey, régnant de 1837 à 1855, qui enclenche un processus de modernisation[112]. Ainsi, la lange et la culture tunisiennes, qui n’étaient plus qu’arabes à la fin du Moyen-Âge, se sont-elles enrichies de mille influences, pour devenir uniques, originales, et surtout méditerranéennes. Cette répression conduit à la clandestinité du Néo-Destour, qui incite les nouveaux dirigeants à ne pas exclure l'éventualité d'une lutte plus active[135],[134]. Mais ils échouent face au monothélisme, tandis que les empereurs byzantins laissent faire : un état d'esprit insurrectionnel monte dans les confédérations de tribus sédentarisées, polythéistes ou monothélistes et constituées en principautés[68].