►Notons ensuite que les domaines empiriques d’application de la responsabilité sont globalement de deux ordres : Responsabilité civile : obligation de réparer dommage lorsque l’on a commis une faute, dans certains cas prévus par la loi (les Assurances peuvent prendre en charge cette responsabilité à notre place). L’artiste aussi vit la force de ses expériences intérieures… Et nous avons tous l’expérience autour de nous ou en nous de ces joies durables[38] en tant qu’expression d’une nécessité qui nous habite. 1251-, [16]Lire article « Responsabilité » de Marc Neuberg, dans le Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, [17] En particulier Bentham, philosophe anglais (1748 – 1832), et tous les philosophes utilitaristes qui l’ont succédé, [18]Une telle conception est beaucoup plus « intuitive » pour nos représentations intellectuelles « continentales », ce qui n’est sans doute pas le cas du côté de la philosophie analytique anglo-saxonne, [19] Lire article de Marc Neuberg sur la responsabilité, in Dictionnaire d’Ethique, [21] Article « Responsabilité » Dictionnaire d’éthique, [22] C’est en effet la norme utilisée dans le droit pénal, [23] Lire à ce sujet « Libre arbitre et déterminisme » de John Martin Fisher, in Dictionnaire d’Ethique. Et comme ce préjugé est inné en tous les hommes, ils ne s’en libèrent pas facilement. Pierre Zaoui reconnait que « c’est parfois dans la transformation en automate que l’on se sent le plus libre… La pensée de la pierre[39] a deux faces, celle d’un déterminisme intégral, mais aussi possiblement d’un intense sentiment de liberté… Peut-être que les moments où l’on se sent le plus libre sont les moments où on est le plus déterminé…». Que la cause prochaine (s’inscrivant dans un enchaînement de causes) soit interne ou mentale – que l’être humain ait son principe d’action en lui-même (nous avons vu que c’était le cas avec Aristote), ne change rien : si ce dernier n’est rien d’autre qu’un « automate spirituel », il ne peut être responsable. Ceux d’entre vous qui me connaissent m’ont souvent entendu parler de liberté individuelle et de libre marché. Pourtant , la liberté semble être nécessaire pour donner à l'Homme une responsabilité et faire de lui un être moral. Voici une fiche qui récapitule tout ce que vous devez savoir sur cette notion pour réussir l’épreuve haut la main. III. La manifestation d’une telle liberté, qui se traduit par une augmentation de puissance, est la joie. Concevez maintenant, si vous le voulez bien, que la pierre, tandis qu’elle continue de se mouvoir, sache, et pense qu’elle fait tout l’effort possible pour continuer de se mouvoir. Elles sont les conditions nécessaires à l’ordre social et aux progrès. Spinoza fait une distinction claire entre vouloir quelque chose, y compris rationnellement, et considérer que ce vouloir est lui-même libre (au sens du libre arbitre). Là encore c’est la liberté prométhéenne, celle qui est intiment associée au pouvoir exercé par l’homme sur la nature[8], qui doit être jugulée par l’éthique de cette nouvelle responsabilité vis-à-vis des générations futures devant lesquelles nous devons répondre. , d’inspiration stoïcienne : confrontés à un certain nombre de maux et de contraintes –qui sont pour l’essentiel ceux du tragique de l’existence : le désamour, la solitude, la maladie, la guerre… -, et qui ne font qu’exprimer le hiatus entre mes désirs et la réalité, nous devons toujours prendre la pleine mesure du réel et de ce qu’il est en notre pouvoir de transformer. Il fait ici en particulier référence aux possibilités génétiques de transformation de la nature de l’homme. Mais tout d’abord la liberté n’a-t-elle partie liée avec notre pouvoir personnel ? Voilà deux notions qui sont intimement liées dans l’histoire de notre pensée   moderne,  aussi bien dans le registre du droit que de celui de la morale : le fait de   pouvoir « répondre de ses actes » paraît impliquer l’existence d’un libre arbitre à   l’origine de notre action ; comment en effet être responsable si je suis déterminé   comme n’importe quel élément de la nature ? Introduction Qu [est-ce que la responsabilité ? La deuxième partie de l’argumentation me semble nous donner raison : Peut-être avons-nous intérêt de revenir à la première des définitions de la liberté, celle que l’on trouve par exemple dans le Dictionnaire philosophique de Voltaire : la liberté est avant tout le pouvoir de faire ou de ne pas faire. Ils ne devraient pas, comme c’est souvent le cas de nos jours, privatiser les profits et nationaliser les pertes. ", "L'éternité a-t-elle un sens pour nous ? Aperçu du corrigé : Liberté et responsabilité Publié le : 25/7/2004-Format: Zoom. La liberté figure parmi les plus importantes notions de la philosophie, au premier rang et aux côtés de la vérité. L’autonomie individuelle finit par jouer contre l’autonomie collective. Il y a responsabilité tant que l’individu n’est pas dépossédé de cette capacité de contrôle de ce comportement[20]. Le cours en Powerpoint. La Liberté Et Le Bonheur. D’autre part, une telle tendance individualiste est bien sûr nourrie et entretenue – nous avons affaire à un processus de rétroaction positive bien analysée par la théorie de la pensée complexe – par la perception que nous avons d’un monde opaque et d’une complexité tels que ses fins semblent nous échapper et nous conduire dans un mur. Dépasser l’opposition spéculative du déterminisme et de la liberté ? [42] Lire à ce sujet texte de Etienne Balibar « Irresponsabilité de la politique, responsabilité du citoyen ? et liberté. Quant est-il d’un tel principe quand il s’agit d’actes commis par erreur, ignorance ou imprudence ? Nous avons déjà longuement réfléchi, à plusieurs reprises, sur la question de la liberté, aussi choisissons-nous de partir de la responsabilité pour explorer les différentes facettes de la notion. Ce sont les deux notions les plus importantes de ma philosophie politique. Deux conceptions de la responsabilité, l’une qui implique le libre-arbitre, l’autre non. Propulsé par Créez votre propre site Web unique avec des modèles personnalisables. Liberté et déterminisme : la problématisation Cela n’implique pas toujours que l’on agisse de bon gré, ni que nous désirions les conséquences de l’acte,  car nous pouvons aussi avoir une action intentionnelle sous la menace. Nous « adhérons à nous-mêmes » et avons de plus en plus de mal à nous décentrer pour investir un « sens du public » nécessaire à la prise de responsabilité collective. Les notions de « travail » et de « liberté » sont deux des grands axes systématiquement traités en cours de philosophie et par ailleurs, elles sont souvent au coeur … Surtout, ils ne doivent rien faire qui permettrait aux individus d’éviter les conséquences de leurs actions. Ce précepte d’Epictète peut ici être fructueux à condition de le revisiter : la responsabilité du sage stoïcien siège dans la capacité de pouvoir distinguer ce qui est extérieur à nous, et donc ne dépend pas de nous (sur laquelle nous n’avons pas de pouvoir), de ce qui est intérieur à nous, c’est-à-dire le domaine de nos propres représentations, qui est le véritable terrain d’élection de l’exercice de la liberté humaine : nous avons la possibilité intérieure de les modifier. Qu'est-ce que l'autorité ? Idéalement, les gouvernements devraient intervenir le moins possible, de façon à ce que les individus soient libres d’agir comme ils le souhaitent. « Pour ma part, je dis que cette chose est libre et agit par la seule nécessité de sa nature, et contrainte cette chose qui est déterminée par une autre à exister et à agir selon une modalité précise et déterminée. Mais Fisher continue de parler à ce propos « d’un certain type de libre arbitre »,  compatible avec ce second type de contrôle, semblant tenir à préserver son existence… Ne peut-on pas plutôt repenser le concept même de liberté ? Sommaire: 1 Liberté et responsabilité 1.1 Sartre, Situations III, 1969 2 Vidéo : Liberté et responsabilité Liberté et responsabilité Refuser ses responsabilités, c’est finalement vouloir fuir ce qu’on appelle la condition humaine. Quelles actions prennent suffisamment en compte les contraintes du réel, de façon à pouvoir peser le plus efficacement possible sur ces changements ? Liberté : pouvoir d’agir ou de ne pas agir ; être en mesure de diriger sa vie ; de ne pas être asservi à une supériorité ; ne pas avoir besoin de recourir aux êtres et aux choses qui nous entourent mais le faire seulement dans le cadre de notre volonté. Un choix que l’on ne peut prendre que seul, et qui est toujours « sans excuses ». La liberté de pensée, elle, admet à l'Homme son autonomie, elle est une condition de l'esprit qui lui … Cette permanence de la pierre dans son mouvement est une contrainte, non pas parce qu’elle est nécessaire, mais parce qu’elle doit être définie par l’impulsion de causes externes, et ce qui est vrai de la pierre l’est aussi de tout objet singulier, quelle qu’en soit la complexité et quel que soit le nombre de ses possibilités : tout objet singulier, en effet, est nécessairement déterminé par quelque cause extérieure à exister et à agir selon une loi précise et déterminée. L’homme, en tant qu’être déterminé et fini, ne peut connaître une liberté totale et absolue[32]. COURS DE PHILOSOPHIE OLOMO P. STANISLAS Page 2 2. L’autonomie est peut-être alors la valeur centrale du point de vue de la responsabilité, qui ne peut se confondre avec le libre arbitre…, Il est temps d’interroger cette opposition traditionnelle entre déterminisme et liberté, . De fait, en France, le blasphème constitue un droit, et cela est certainement une bonne chose car nul ne doit se sentir contraint par le dogme des autres. La liberté a d'abord été conçue dans le domaine de l'action et de la politique. La responsabilité est de ce point de vue la conséquence logique d’un tel pouvoir : d’une part, je ne peux pas faire n’importe quoi, et d’autre part, ma responsabilité sera nécessairement relative aux conséquences obtenues de mes actions. En un mot, ces personnes ont peur d’être les victimes de la liberté des autres. Mais qu'est-ce qu'être soumis à des lois, et quelles lois ? I-La révolution de l’authenticité. Comment et dans quelle proportion mobiliser mon temps et mon énergie, comment « m’investir », en fonction de la réalité de ce pouvoir ? Une liberté qui n’aurait rien de commun avec le libre arbitre ? Une telle dimension du contrôle (2) qui n’implique pas l’existence d’autres options possibles (1) est compatible avec le déterminisme causal : le fait de ne disposer d’aucunes autres options possibles ne joue aucun rôle dans mes délibérations et mes actions, ce que John Martin Fischer nomme « le contrôle de direction ». La réflexion philosophique a toujours lié étroitement la responsabilité à la justification des sanctions. La philosophie doit éviter les confusions conceptuelles (par exemple entre registre du droit et registre de la liberté), tandis que le droit doit renoncer à faire de la mauvaise philosophie (par exemple en montant en généralité à propos de la notion de liberté au lieu de garder l’efficacité que lui donnent sa limitation et … Nous sommes « condamnés à être responsables » comme « nous sommes condamnés à être libres ». II-Deviens ce que tu es. Elle résulte en fait de notre ignorance des causes qui nous déterminent. ; 2.3 La liberté : quelque chose qui doit être conquis par l’esprit; 2.4 La liberté individuelle et la liberté collective. Je considère que la liberté et la responsabilité sont les fondements d’une société pacifique et prospère. Ce qui dépend de moi, ce qui n’en dépend pas. Vous êtes libre de faire ce que vous voulez avec votre propre personne et vos propres biens. Il ne faut pas lâcher sur notre principe républicain ! La leçon de lucidité est toujours salutaire et doit prévaloir, mais une nouvelle question peut être posée : qu’est-ce qui dépend réellement de nous, y compris et surtout sur le terrain d’actions possibles (ou non) que nous sommes capables d’initier dans notre environnement ? La liberté a d'abord été conçue dans le domaine de l'action et de la politique. Comment dénier l’existence d’une telle expérience ? L’anonymat si répandu aujourd’hui est une forme de déresponsabilisation où l’on se délie de toute obligation. Qu’est-ce qui n’en dépend pas ? C’est logiquement une première question que nous devons alors nous poser en nous inspirant des stoïciens : qu’est-ce qui dépend de nous ? ►Il ne peut y avoir de responsabilité personnelle (donc subjective) lorsqu’on agit dans un contexte de pure contrainte, où le sujet serait en face d’une situation qui n’offre aucune option alternative. La liberté, prise ici au sens politique, est le pouvoir de jouir de ses droits civiques. Le recours « au miracle des commencements » ne peut que nous laisser sur notre faim… Pour reprendre l’argumentation où nous l’avions provisoirement laissée, et conclure ce point, nous nous rendons compte que non seulement le déterminisme causal est compatible avec la liberté (pour notre part, nous ne parlerons plus de libre arbitre dans ce cas), mais aussi que l’indéterminisme causal[26] menace ce libre arbitre, ou plutôt en révèle la fragilité : un libre arbitre qui s’apparenterait désormais à un pur acte gratuit aléatoire (qui en réalité n’existe pas, André Gide le montre). La liberté, prise ici au sens politique, est le pouvoir de jouir de ses droits civiques. Il y a donc une dialectique indépassable entre une responsabilité devant soi-même qui renvoie toujours à une altérité (à quelque chose d’autre que soi), quel que soit le nom qu’on lui donne (le Surmoi, la Loi, la voix de la conscience,  Autrui…ect.). Que signifie cette formule un peu énigmatique ? Le mal recouvre, de façon symétrique, l’ensemble des menaces et des atteintes à autrui, à sa sécurité, son bien-être, sa dignité, sa liberté. Saurons-nous faire un meilleur usage des moyens dont nous disposons –peut-être pour la première fois dans l’histoire nous sommes véritablement libres - pour nous rendre davantage maîtres du fonctionnement de notre démocratie et de l’orientation de notre avenir ? "Cherche identité française désespérément...". Nous nous bornerons ici de relever les principaux arguments en faveur de chacune des thèses, de façon très schématique. Face aux menaces que font peser sur l’humanité les nouvelles technologies, il est nécessaire de repenser le concept de responsabilité[7]. En Occident, le paradigme religieux théiste a profondément influencé la conception de la liberté (Thomas dAquin). La question est la même dans ce dernier cas : quelles actions sont possibles et efficaces pour des changements souhaitables ? Elles pensent que ce sont elles qui subiront les conséquences des actions des autres. Dieu, par exemple, existe librement (quoique nécessairement) parce qu’il existe par la seule nécessité de sa nature. L’illusion de cette liberté – qui nous fait croire que nous somme à nous seuls la cause de ce que nous faisons –comme l’ivrogne qui croit dire par décision libre ce qu’après il aurait voulu taire – est dû à l’ignorance des causes qui nous déterminent, comme la pierre qui roule dotée de conscience peut s’imaginer qu’elle est la seule « responsable » de ce mouvement, alors qu’elle se meut par l’effet de causes externes à elle-même. Table des Matières. Mais les gouvernements devraient aussi protéger les droits et la propriété de tous les citoyens, et faire respecter les ententes et les contrats. Elle n’a pas à répondre de son acte devant lui. Le blasphème : un droit et des responsabilités. Hannah Arendt reconduit ici une conception de la liberté qui ne parvient pas tout à fait à se dégager du libre arbitre…. 2.1 La liberté : le pouvoir de choisir; 2.2 La volonté libre n’est qu’une illusion. Nous retrouvons là les deux versants de la responsabilité : une responsabilité subjective qui est une responsabilité devant soi-même, ancrée dans sa liberté, et une responsabilité objective qui renvoie à un obligateur (la loi, une autorité, quelqu’un devant lequel je dois m’expliquer où me porter garant). Quel est au juste la portée de mon pouvoir personnel sur cet environnement ? Par exemple, les gens seront libres de voler, de polluer, ou d’avoir des comportements dangereux qui causeront du trouble à tous les autres. [2] « L’existentialisme est un humanisme », [3] Dictionnaire de Philosophie, Encyclopédie Universalis, article « responsabilité », [5] Lire à ce sujet le livre deBYUNG-CHUL HAN, « Dans la nuée », [6] « Humanisme de l’autre homme », Emmanuel Lévinas. Une relation de condition à conséquence entre liberté et responsabilité mais aussi une tension permanente qui les oppose, ►Commençons par noter qu’être responsable c’est d’abord et avant tout répondre à la question : suis-je ou non l’auteur de mes actes ?Sartre : «  Nous prenons le mot de « responsabilité » en son sens banal de « conscience d’être l’auteur incontestable d’un événement ou d’un objet ; Cette responsabilité est simple revendication logique des conséquences de notre liberté ». Rodrigue MAKAYA, Liberté et universalité dans la philosophie de Kant, Université Paul-Valery Montpellier 3, mention T.H. Mais votre liberté s’arrête là où commence celle des autres. En ce sens, consiste non pas dans l’existence de ces options, mais dans le fait d’exercer un contrôle sur sa conduite, c’est-à-dire. Antigone peut être condamnée sur ordre de Créon, elle se sent responsable devant d’autres lois que celles du Roi. B. Ce sentiment ne fait que renforcer le repli sur soi, la défiance généralisée, le retrait de toute forme d’engagement, et les attentes populistes. Au contraire, être libre implique nécessairement que vous devez être responsable de vos actions. Émancipation politique et idéologie en Amérique latine , Université Paul-Valery Montpellier 3, mention T.H. Se « refaire », changer sa vie, renaître, (re)commencer une « nouvelle vie » ? Liberté et soumission semblent incompatibles par définition. N’importe quelle approche relative aux sciences sociales ne s’inscrit-elle pas dans la recherche de causes ou de raisons capables de rendre compte de certains faits sociaux ou comportements ? C’est précisément cette représentation   intellectuelle fortement enracinée dans nos esprits qu’il s’agit d’interroger pour en   déceler les éventuelles limites : quel est au juste cette liberté, et comment prendre en   compte les déterminismes qui pèsent sur nos actions ? Peut-on défendre au contraire   une conception de la responsabilité compatible avec une éthique du déterminisme ? La liberté sur le plan politique, social, et moral C. La contrainte empêche t-elle la liberté ? En effet, il arrive que les conséquences de nos actes ne soient pas intentionnellement voulues, et qu’elles résultent d’erreur, d’ignorance ou d’imprudence. En effet, il arrive que les conséquences de nos actes ne soient pas intentionnellement voulues, et qu’elles résultent d’erreur, d’ignorance ou d’imprudence. La liberté d’action (le pouvoir de faire), en tant qu’elle est factuellement vécue, est une réalité irréductible. Il est important d’avoir en mémoire ce point avant d’aborder la question de la nature de notre système de responsabilité, qui semble reposer sur l’individu maître de ses choix : s’interroger pour savoir si une personne est responsable d’un acte particulier revient à se demander, selon Marc Neuberg, , 1) si elle dispose des capacités cognitives et volitives lui permettant de comprendre certaines normes morales ou légales, et les appliquer dans des circonstances concrètes 2) s’il y a ainsi « un engagement cognitif et volitif minimum » qui se traduit par une action intentionnelle, avec la conscience de ses conséquences. « Devenir ce que nous sommes » dit Nietzsche… « Retrouver une autorité de soi-même » nous propose Spinoza. Qui soit à la mesure précisément du pouvoir que nous exerçons sur la nature aujourd’hui, à l’ère dite « anthropocène ». De même il est indéniable que nous voulons souvent ce que nous faisons, d’autant plus lorsque l’action est rationnelle, précédée éventuellement de délibération, de choix, de décision. Liberté et déterminisme : la problématisation. Est libre celui qui est mû par une nécessité interne, conforme à sa nature. Comment dénier l’existence d’une telle expérience ? Les « compatibilistes » pensent que les actes déterminés par un ensemble de facteurs sur lesquels nous n’avons pas nécessairement prise (éducation, milieu social, dispositions diverses, ou simplement concours de circonstances) n’exclut pas la responsabilité de l’agent, puisque ce déterminisme laisse intact les notions d’action rationnelle, de délibération, de choix et de décision. Nous pouvons certes plutôt préférer l’hypothèse d’un « quasi-déterminisme », suivant en cela d’éventuels enseignements de la physique quantique et du fameux « principe d’incertitude » de Heisenberg : celui-ci postulerait qu’au plan macroscopique, il y a une possibilité résiduelle que des objets ne se comportent pas comme ils le font généralement… Il faut aussitôt préciser que sur le plan pratique ces possibilités résiduelles sont sans importance. L’autonomie est peut-être alors la valeur centrale du point de vue de la responsabilité, qui ne peut se confondre avec le libre arbitre…. Le responsable est celui qui se porte caution ; ce n’est pas de lui-même mais d’un autre qu’il répond. Pour le comprendre clairement, prenons un exemple très simple. Humanisme / Transhumanisme, "Quel est le rôle des médias dans notre société ?". Quelles actions prennent suffisamment en compte les contraintes du réel, de façon à pouvoir peser le plus efficacement possible sur ces changements ? Mais en revanche nous sommes nécessairement passifs à tout ce qui nous est extérieur, et nous ne pouvons pas agir dessus. Il n’est pas possible de se dérober à cette responsabilité, car nous ne pouvons pas ignorer autrui ou le ramener au même. Comme si nous étions pris au piège dans des mécanismes automatiques, organisations, structures dont la marche obéit à des lois de fonctionnement sur lesquelles nous n’avons pas prise. Contrairement au poète, « l’homme de l’éthique affirme « Je est le même »[4]. Une première conception de la responsabilité se justifie par l’utilité de la sanction (c’est la théorie dite « préventive »), alors que sa concurrente défend l’existence autonome du concept de responsabilité[16] (théorie dite « rétributive »). Et être libre c’est être autonome , c’est-à-dire maître de soi et son propre législateur. Si l’on agit sans liberté, nous ne sommes pas responsables car on sait que la responsabilité a pour double condition la conscience et la liberté. I. Je suis professionnellement indépendant depuis mes débuts en électronique vers le milieu de l’adolescence. Etre fidèle à son désir signifie identifier et s’accrocher à ce que l’on ressent comme une nécessité intérieure. L’extension spatiale et temporelle de cette notion de responsabilité peut d’ailleurs être un problème que Ricoeur n’a pas manqué de signaler : jusqu’où doit s’étendre la responsabilité de nos actes ? Elles se manifestent par le pronom personnel, mais aussi le nom (propre). La liberté véritable pour Spinoza est donc une libre nécessité, que l’on peut traduire en disant qu’une chose est libre quand elle est cause d’elle-même. En haut de la page d’accueil de mon blogue, vous pouvez lire deux mots: «liberté» et «responsabilité». Nouvelles donnes de la responsabilité dans le monde contemporain. Une telle dimension du contrôle (2) qui n’implique pas l’existence d’autres options possibles (1) est compatible avec le déterminisme causal : le fait de ne disposer d’aucunes autres options possibles ne joue aucun rôle dans mes délibérations et mes actions, ce que John Martin Fischer nomme « le contrôle de direction ». Après "le poison de la défiance", "la nature du poison". Autrement dit, l’éthique suppose d’une manière ou d’une autre une permanence substantielle, une continuité du sujet dans le temps. Celles et ceux qui ne jurent que par la liberté dans le domaine économique se montrent souvent très attachés à une protection forte dans le domaine civil ; et inversement. (1) Sens 1. : être responsable d [un acte : le fait qu [on puisse nous l [attribuer (et donc éventuellement en répondre devant X) • 1ère condit° nécess. Comme le dit Lévinas, le repli sur soi d’une liberté égoïste se trouve mise à mal par une responsabilité, qui est pour lui la responsabilité inconditionnelle devant autrui, qui se manifeste à travers son visage. , en particulier le fait de pouvoir ne pas l’avoir réalisée. Liberté et responsabilité sont indissociables.». Il est temps d’interroger cette opposition traditionnelle entre déterminisme et liberté[23]. Que pour bien agir, il faut agir à propos. Dans le cas d’imprudence en particulier, l’usage d’une telle norme de « l’homme avisé et prudent » suit une logique préventive comme principe régulateur du comportement. On peut opposer liberté et déterminisme, qui repose sur le principe de causalité. Nous avons vu que pour la philosophie de la conscience une telle compatibilité semble impossible… Une observation doit ici retenir notre attention : l’expérience subjective de la liberté n’est pas une illusion en tant qu’elle existe. Plus on comprend, plus ou peut agir sans se fourvoyer ; il ne s’agit pas de se « changer soi-même», mais d’augmenter sa puissance d’exister. Lacan était un grand lecteur de Spinoza, [36] Pierre Zaoui, Les chemins de la philosophie, « Spinoza et la libre nécessité », [37] Nous retrouvons là la formule de Lacan, qui résume selon lui l’éthique de la psychanalyse : « Ne pas renoncer à son désir », [38]En tant que passives, ces joies sont toujours susceptibles de se retourner contre elles, d’où le projet spécifiquement spinoziste de la joie de connaitre comme pensée juste de la puissance), [39] Référence ici au texte de Spinoza précédemment cité sur l’impulsion qui fait rouler la pierre…, [40] 2ème Dissertation de la Généalogie de la Morale. Avec Lévinas, le mouvement de moi à autrui, qui caractérisait jusque-là toute la philosophie du sujet, s’inverse en un mouvement qui part désormais de la prééminence d’autrui pour aller vers moi. Mais n’y-a-t-il pas une autre liberté possible ? Je vous laisse sur une excellente citation du grand économiste et philosophe Friedrich Hayek: «La liberté ne signifie pas seulement qu’une personne a le droit de choisir et qu’elle porte le fardeau de ses choix, mais aussi qu’elle doit assumer les conséquences de ses actes, pour lesquels elle sera félicitée ou blâmée. Liberté et moralité A) La liberté est une exigence de la morale. Mais revenons à l’hypothèse du déterminisme causal : tout le monde aujourd’hui s’accorde à reconnaître que nos actions sont déterminées en un certain sens. [7] « Le Principe responsabilité », Hans Jonas. Dans notre monde moderne et sécularisé, il ne peut qu’en être autrement : même si l’acquiescement au réel garde toute sa valeur, nous ne pouvons plus donner au conseil d’Epictète le même sens (les choses extérieures d’un côté, les représentations intérieures de l’autre). "Etre soi-même, devenir soi ?" Un choix fondamental de ce système en faveur de l’individu maître de ses choix, capable d’orienter son comportement en conformité ou en accord avec un système de normes. … La réponse typiquement spinoziste concernant ce chemin est la joie de connaître, joie active et non plus passive. "Quelle philosophie du comédien ? De telles formules interrogent fortement le processus d’individuation lui-même, qui ne peut faire l’économie ni de la nécessité et de la puissance, ni de notre capacité à nous donner notre propre loi, qui n’est pas celle de l’impératif catégorique kantien, mais celle qui consiste à assumer ce que nous sommes et à se construire avec ce par quoi nous sommes passés et ce qui s’est passé en nous. Publié le : 10/2/2004-Format: Zoom. Cela n’implique pas toujours que l’on agisse de bon gré, ni que nous désirions les conséquences de l’acte,  car nous pouvons aussi avoir une action intentionnelle sous la menace. Dans un récent message vidéo sur les notions idéologiques de gauche et de droite, je précisais que lorsque nous débattons d’une question de politique publique, les alternatives qui s’offrent à nous sont généralement que le gouvernement intervienne davantage par l’entremise de réglementation ou de programmes de dépense; ou bien qu’il laisse les individus libres de coopérer entre eux pour trouver une solution. Je suis lié à autrui, à traversl’épiphanie de son visage, par une dette infinie qui fait de moi son « obligé ». Et c’est ce que pense Calliclès (personnage d’un dialogue de Platon). La liberté d’expression et la liberté de la presse n’existent pas dans de nombreux pays, et elles sont aussi remises en question dans certaines démocraties. Mais seul Dieu (la Nature naturante) existe et agit par la seule nécessité de sa nature (il est entièrement cause de soi)[31]. [24] Cette hypothèse des multiples options possibles et la seule qui est étroitement associé au libre arbitre. La question posée est donc de savoir si cette hypothèse du déterminisme est compatible avec la responsabilité, ou si l’on pense au contraire que la notion de responsabilité nécessite l’hypothèse complémentaire de la possibilité, pour l’homme de faire des choix inconditionnés (libre arbitre)[19]. La responsabilité n’est pas également partagée dans ce cadre de pensée : hiérarchie affirmée entre ceux qui peuvent promettre, et ceux qui vivent de cette promesse. Si nous pensons qu’un agent doive disposer du libre arbitre, c’est en raison, nous l’avons vu, du problème de l’imputabilité morale : il doit légitimement être tenu pour moralement responsable de ses actes, et donc avoir le contrôle sur sa conduite. Car une telle « génération spontanée » de l’action ne peut tenir lieu d’explication. Texte de Kant. Si l’on agit sans liberté, nous ne sommes pas responsables car on sait que la responsabilité a pour double condition la conscience et la liberté. L’être humain croit choisir, mais un choix qui est aussi prédictible que les phases de la lune est une illusion de choix. Selon la première théorie, la responsabilité se définit par les raisons justificatives de la sanction– qu’il s’agisse de l’éloge ou du blâme en morale ou de la peine en droit pénal –, qui sont essentiellement préventives. ... Peut on concevoir libertés sans responsabilités? Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent.